Immersion au pays du sourire.

Après un dossier de candidature, deux entretiens, une semaine de formation, deux mois d’attente, un grand départ, 11 heures d’avion, un mois à Bangkok, 9 heures de bus & 1 heure de voiture… je foule enfin le sol de LA MISSION. Celle pour laquelle je suis partie, celle pour laquelle j’ai décidé de consacrer une année.

Ayant quitté Bangkok en bus dans la soirée, je suis arrivée à Mae Sot tôt le matin. Le Père Ponchaï m’attendait à la gare et nous avons fait quelques courses de nourriture : avec une cinquantaine d’enfants à nourrir, imaginez la logistique: les œufs s’achètent par 180 tous les cinq jours ! Nous sommes allés petit déjeuner (du riz avec du poulet… il est 8h30 du matin, l’aventure commence déjà dans l’assiette!) avec un ami du Père Ponchai ayant habité au centre plus de 40 ans auparavant… c’est beau de voir aujourd’hui qu’il a réussi et qu’il doit en partie cette réussite au Père Tigréat qui, en 1974, a fondé ce foyer et a permis à tant d’enfants d’être scolarisés et d’aller à l’école… quel héritage, quel respect et reconnaissance je lis sur le visage de ce Karen. Les sentiments se mélangent alors en moi. Je me sens toute petite par rapport à ce qu’a construit le Père Tigréat pendant ces décennies, et ce que continue de créer le Père Ponchaï enfant après enfant…année après année, avec une telle patience et pédagogie. A ce moment-là, je pense aussi à l’association Secours des Hommes, famille et proches du Père Tigréat, basée à Guipavas, près de Brest. Je suis allée à leur rencontre fin Mars avant mon départ et en suis revenue chargée de l’énergie incroyable que ces hommes et ses femmes déploient afin de récolter des fonds pour différents projets, dont Chong-Khaep. Je me sens toute petite face à une telle mission et très humble face à un tel héritage : celle de rendre heureux ces enfants et de leur faire oublier que leur vie n’est pas toujours facile mais qu’elle peut être belle à la fois.

Nous partons de Mae Sot, ville frontalière de la Birmanie pour rejoindre le Centre Pramanda où sont accueillis les enfants et quittons la grande route pour rejoindre des chemins plus escarpés. Par la fenêtre, de sublimes paysages défilent offrant une nature immaculée, aride et vallonnée.

Au bout d’un petit village abritant environ deux cents habitants dans des maisons rustiques pour la plupart faites en bambous et en feuilles d’arbres en guise de toit, se trouve le Pramanda Center. Entourées d’arbres et de végétation en tout genre se dressent plusieurs grandes maisons en bois reliées entre elles par des passerelles. Le cadre se veut dépaysant et exotique. Mon regard va d’un endroit à l’autre, essayant de capter l’essence du lieu, essayant d’imaginer ce que sera ma vie ici, cherchant vainement quelques repères. Cela ne sert à rien de chercher : il n’y en a pas.

Ce nouveau cadre de vie me plaît et pousse au calme et à l’apaisement. Déconnectée de toute réalité occidentale, ici, il me faut oublier mes repères et en réapprendre de nouveaux. Ne pas comparer ce qui n’est pas comparable. Fini les douches à l’eau chaude dans une salle de bain « normale », fini le matelas moelleux et le confort parisien. Je découvre un monde si différent de tout ce à quoi j’avais été habituée…Même mon logement étudiant chinois me parait luxueux en comparaison ! Fini la baguette qui craque et la cuisine française dont on saisit seulement la qualité lorsqu’elle vient à manquer ! Ici ce sera douche à la bassine et à l’eau froide, matelas sommaire et riz trois fois par jour. Mais après tout, ai-je vraiment le droit de me plaindre de cela quand je croise le regard de ces enfants qui ont enduré bien plus ? C’est bien le minimum que je puisse faire que de garder le sourire quand j’imagine la vie qu’a été la leur et les chances que la vie m’a données de mon côté.

En parlant de sourire, c’est bien ce que j’ai reçu sur la route, en croisant les villageois curieux d’apercevoir une nouvelle « farang » (occidentale). C’est bien aussi ce qui m’attendais quand j’ai posé le premier pied en dehors de la voiture. J’ai enfin compris pourquoi la Thaïlande est appelée le pays du sourire. A Bangkok, tout comme à Pékin lorsque je vivais en Chine, les choses sont différentes et l’attitude des habitants change du tout au tout lorsque l’on part en Province. Ici, chaque enfant, chaque adulte se lève et se couche avec le sourire. C’est un sentiment extraordinaire de le voir se dessiner sur les visages au grès des rencontres, au détour d’une rue, derrière le comptoir de l’épicerie du village…

C’est donc sous une pluie de sourire et de salutations thaïlandaise « Sawadee kha » que je suis arrivée le jour même où les jeunes reprenaient le chemin du centre après deux mois de grandes vacances ! C’était donc le timing parfait que de faire ma rentrée en même temps que la leur… l’intégration n’en a été que plus rapide et simple.

Après m’être brièvement installée dans la chambre qui m’était réservée, j’ai rejoins les enfants qui jouent juste devant ma chambre et leur ai offert le jeu de UNO que j’avais rapporté de France. Je ne pensais pas faire autant d’heureux. Nous avons tapé le carton tout le reste de l’après-midi… Malgré la fatigue du voyage et le dépaysement complet, je savais que les premiers jours étaient décisifs et qu’il fallait que je me montre la plus ouverte possible avec les enfants pour leur montrer que j’avais envie de partager le plus de moment possible.

Après le dîner, servi vers 18H30, le Père Ponchaï a organisé une soirée d’introduction, accueillant les enfants, et leur expliquant surement les différentes règles du centre (je vous dit surement car le Père parlait en Thaï et mon pauvre niveau ne me permet de comprendre que quelques mots par ci par là ;)).

Il a ensuite pris soin de m’introduire auprès des enfants et m’a demandé de me présenter à eux…. En Thaï… heureusement, je voyais dans la cinquantaine de regards braqués sur moi beaucoup de bienveillance pendant que je baragouinais mes quelques mots !

Ici, l’heure du lever est matinale permettant de profiter de quelques heures fraîches avant que la température n’augmente en fin de matinée / début d’après-midi. La seule grasse matinée de la semaine c’est le samedi et … le réveil est à 7H…la couche-tard que je suis n’a qu’à bien se tenir…la nouvelle moi va apprendre à se lever à 5H30 chaque matin !

A l’heure où je vous écris, la saison des pluies a bel et bien commencé… je suis bercée par le doux clapotement des gouttes qui tombent. L’électricité nous a lâché ce soir…cela me donne une excuse supplémentaire pour me coucher tôt !

Et voici le lien pour regarder une vidéo réalisée par l’assistant du Père Ponchaï présentant le centre et son envrionnement: https://www.youtube.com/watch?time_continue=133&v=2CQ7m0XNhUU

La suite au prochain épisode…

A bientôt,

Mélanie

2 commentaires

  1. Le lieu est splendide… ! On sent un vrai soin à construire quelque chose de beau qui va permettre à la vue de se déployer ! J’adore les passerelles, on a l’impression d’être dans les arbres.
    Hâte de découvrir tout ça !

    J'aime

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