Zoom sur l’éthnie Karen

Zoom sur les Karens : la plus ancienne ethnie montagnarde Thaïlandaise

Comme le dit le titre de mon blog, ma mission se situe chez les Karens, dans le petit village de Chong Khaep en Thaïlande à une petite cinquantaine de km de Mae Sot, la ville frontalière à la Birmanie. Cette ethnie ne doit pas évoquer beaucoup de choses pour vous alors je vous fait un petit récap’ qui me sera aussi bien utile

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Les premières tribus Karens sont originaires de Mongolie d’où a lieu une lente migration de 2000 ans jusqu’au nord de la Birmanie où ils arrivent en 730 avant JC. Deux siècles plus tard arrivent les birmans qui contraignent alors les Karens à se réfugier dans les montagnes frontalières et en Thaïlande. Lors de la seconde guerre mondiale les Birmans collaborèrent avec les Japonais tandis que les Karens restèrent fidèles à la Grande Bretagne. A l’issue de la guerre, le général Aung San qui leur avait promis l’indépendance est assassiné, laissant place au nouveau régime dirigé par l’armée qui sema alors violence et chaos dans le pays et obligeant une partie des Karens à fuir. Aujourd’hui, moins de 10% des Karens vivent en Thaïlande, le reste en Birmanie.

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Source: Terres Karens (2016)

Le mode de vie et les coutumes des karens sont essentiellement le fait de leur origine nomade et de leur socle de croyances. L’activité des villages est centrée autour de la vie agricole et du tissage traditionnel. L’ethnie étant basée dans des petites vallées et montagnes, son isolement l’a laissée en marge des développements économiques récents de la vallée thaïe et a favorisé le développement de sa culture et de son savoir-faire si particuliers. Ils sont à mille lieux de l’évolution économique occidentale et de nos normes sociétales. La vie communautaire de cette ethnie est assez extraordinaire. Ici, le fils habite à deux minutes de chez sa mère, qui elle-même habite en face de chez sa sœur : la famille a pour eux un sens particulier, ils passent le moindre de leur temps ensemble, partageant leurs traditions de génération en génération. Plusieurs Karens m’ont d’ailleurs demandé à maintes reprises si ma famille me manquait ou si j’appelais mes parents tous les jours. Cela devait leur sembler lunaire que je sois partie à 12 000 km des miens !

Les différentes saisons rythment l’année, mais ce ne sont pas les même que les nôtres…inutile pour moi d’enseigner le vocabulaire de nos quatre saisons…mes petits ne verront surement jamais la neige de près…par contre la pluie oui ! En effet, la saison des pluies a commencé il y a quelques semaines et durera jusqu’au mois d’octobre. Suivra une saison sèche de Novembre à Janvier et ensuite une saison chaude de Janvier à Mai.

J’ai la chance, une fois par semaine, d’être hébergée dans une famille Karen. Une occasion unique de m’imprégner de leur culture, de découvrir leur nourriture, d’assister à leurs scènes du quotidien. J’ai été accueillie comme une princesse chez Emmanuel et sa famille. Fier de ses origines et désireux de les faire découvrir, il m’a tout de suite mise à l’aise, présenté à tout son entourage (Ici, on m’appelle teacher, même quand je ne suis pas à l’école). Leur simplicité fait fondre toute barrière de langue ou de culture ; je ne pouvais faire autrement que de m’ouvrir à ce qu’il me proposait. J’ai donc (malgré mon palais d’habitude réfractaire à tout ce qui est trop pimenté), mangé du piment farci au porc (deux fois!), dégusté mon riz avec les doigts assise en tailleur, goûté à leur espèce de chewing gum local qui s’apparente plus à des espèces de bout de noix à mâchonner pendant dix minutes et qui ne m’a pas laissé un souvenir ni un goût fulgurant… J’ai assisté à un massage typique d’une vieille femme qui favoriserait la fécondité (j’ai bien dit assisté, pas expérimenté ;)), testé la poudre de thanaka (faite à base de racine d’arbre qui fait office de crème solaire et masque pour la peau) et observé les femmes du villages en train de tisser leurs superbes habits traditionnels en échangeant les potins du village…

Bref vous l’aurez compris, j’étais sûr une autre planète… et cela valait le détour. La simplicité de leur quotidien, de leurs habitations, de leurs rapports humains m’a séduite. Et pourquoi donc avons-nous, à 12 000 km le besoin de tout compliquer quand le bonheur réside ici. Quand on oublie les chichis et les préoccupations secondaires et matérielles. J’ai aimé, le temps d’un instant, oublier ce à quoi j’étais habituée en France, nos manières de faire, de penser, de vivre et d’interagir entre nous. J’ai aimé me laisser porter par leur quotidien et essayer de le trouver normal à mon tour. Il me faudra peut-être encore un peu de temps me direz-vous… Sûrement ! En attendant, leur harmonie sonne juste dans mon oreille…

Merci pour vos premiers retours et ressentis sur mon aventure & merci pour votre soutien, il m’est précieux.

Je pense à vous,

Mélanie

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